Accoucher en Maison de Naissance en France

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Le retour précoce à la maison

retour précoce

C’est Amandine qui prend la parole aujourd’hui pour expliquer en quelques mots le retour précoce et nous livrer son experience. Elle est maman de trois enfants et son dernier est né en Maison de Naissance.

Le retour précoce à domicile après l’accouchement est une possibilité offerte aux jeunes mères dans le cadre de certains accompagnements à la naissance. Lors d’un accouchement en plateau technique, il est souvent facilité par la structure hospitalière, sur demande. Lors d’un accouchement en maison de naissance, le retour à la maison, quelques heures après la naissance, est l’évolution normale de la démarche, hors complications. Comment cela se passe-t-il ?

Retrouver son confort et sa famille

J’ai 3 enfants. Le premier est né en clinique, après déclenchement. La seconde est née en plateau technique, dans le cadre d’un accompagnement global. La troisième est née en maison de naissance. Pour mon premier enfant, je me suis sentie à la fois rassurée par le séjour en maternité et à la fois un peu étouffée par les conseils parfois autoritaires du personnel. Avec le recul, je considère que mes débuts d’allaitement auraient été mieux accompagnés avec une sage-femme (formée à l’allaitement, bien sûr) qui m’aurait rendu visite à domicile que je ne l’ai été par le personnel quasi non formé de cette clinique en 2010.

Pour mon 2e enfant, l’expérience aidant, je ne voyais pas vraiment l’intérêt de m’attarder à la maternité (celle qui offrait donc le plateau technique). J’avais également mon aîné et son papa qui m’attendaient à la maison. J’ai donc préféré rentrer chez moi dès que possible, soit au bout de 24h. Cela a été rendu possible par deux choses :

  • une bonne récupération physique de ma part, après un accouchement physiologique aussi intense qu’efficace,
  • la présence de mes parents à mon domicile. Ils étaient venus garder notre aîné le moment venu et comme ils viennent de loin, je leur avais demandé de rester quelques jours à nos côtés pour nous épauler dans la logistique.

Accepter d’être aidés

Je considère que le retour précoce à domicile nécessite d’avoir planifié une aide en amont, si possible à demeure. Cela ne conviendra certainement pas à tous les tempéraments et toutes les configurations familiales mais une chose est sûre, la jeune mère doit pouvoir avoir l’esprit libre de toute contrainte domestique et physique pendant plusieurs jours. Même si elle va bien, même si son bébé est en forme. Il faut du temps pour récupérer, pour créer du lien, pour lancer son allaitement (si c’est le cas), pour continuer de se consacrer aux aînés dans cette période de transition.

Pour l’arrivée de mon 2e enfant, puis de mon 3e, il m’a semblé que dans la mesure du possible, le papa devait lui aussi pouvoir être disponible pour le ou les aînés, sans quoi ils se sentiraient doublement oubliés à l’occasion de cette période de grand bouleversement. C’est la raison pour laquelle j’ai insisté, même si nous aimons habituellement être dans notre cocon, pour que mes parents restent quelques jours nous soulager de l’intendance. Le père peut ainsi alterner les soins et câlins au nouveau-né et la conservation d’un rythme plus dynamique pour emmener les aînés se dépenser, faire une activité quelconque, des jeux, … à un rythme qui ne dépende pas de celui du bébé.

Le retour précoce après un accouchement en maison de naissance

Pour ma 3e, née en maison de naissance, je suis donc rentrée chez moi 4h après l’accouchement. Ayant l’habitude d’accoucher à terme, j’avais fait venir ma mère juste quelques jours avant, par précaution. Le moment venu, elle était présente et nous avons pu partir sereinement en lui laissant les aînés à la maison. Nous sommes donc partis à 13h30 pour la maison de naissance, j’ai accouché à 17h, nous sommes repartis à 21h et arrivés chez nous à 21h30.

C’est une expérience très étrange, alors que les sensations et images de la naissance sont encore très prégnantes, que le corps est chamboulé… de se retrouver en peu de temps à nouveau chez soi et de pouvoir rejoindre son lit. De partager la première nuit sur terre de ce bébé tout neuf avec lui, sous le toit familial. Une expérience certainement évidente pour celles qui accouchement à domicile !

Ma fille a pleuré durant la nuit mais les aînés ne se sont à aucun moment réveillés (alors que nos chambres étaient mitoyennes). Ils sont simplement venus nous voir à leur réveil, un lundi matin, pour découvrir leur nouvelle petite sœur endormie dans le lit parental. C’était un lundi et il me semble qu’on leur a fait sécher la journée (ou au moins la matinée) d’école pour se donner le temps de faire connaissance.

Ma mère est restée 5 jours à la maison, durant lesquels elle a pris en charge les repas, le linge, un peu de ménage… tout ce qu’il faut pour faire tourner une maison.

[Aparté ménage post-accouchement : il faut d’ailleurs penser à demander à la CAF de bénéficier des heures de ménage auxquelles on a droit gratuitement ou à tarif très privilégié (selon revenus). Je ne l’ai découvert que pour mon 3e enfant et cela contribue à ne pas se surmener tout de suite.]

Il n’y avait pas trop de deux adultes, en plus de moi, pour que tout cela fonctionne sereinement, tout en accordant du temps à la petite vie des aînés qui continue (école, copains, devoirs, etc.) et ne doit pas être oubliée.

Le suivi médical

Les premiers jours, ma sage-femme passait le matin ou le soir pour peser bébé, me soutenir dans mon allaitement (même au bout du 3e allaitement, on peut rencontrer des petits maux auxquels on n’avait pas eu droit jusque là), voir comment mon corps et mon utérus se remettaient, faire les tests de dépistage suivant la naissance, parler…

Pour le test d’audition, qui est à présent réalisé systématiquement après la naissance en milieu hospitalier, je me suis rendue à la maison de naissance au cours du premier mois. Là, une sage-femme a procédé au test avec l’équipement requis, prêté par la maternité attenante.

En conclusion 

J’ai adoré pouvoir mettre mon bébé dans les bras de son ou ses aînés dès ses premiers jours, bénéficier de l’appui à l’allaitement de ma sage-femme, au calme chez moi, que mon nouveau-né découvre le monde immédiatement entouré de sa famille.

En l’absence de problèmes médicaux et avec un vrai soutien, organisé pour nous soulager, le retour précoce à domicile a été pour nous une expérience merveilleuse.

Amandine, maman de trois enfants, dont le dernier est né en Maison de Naissance

Sur ce sujet, je vous propose de lire mon expérience de retour précoce si vous le souhaitez. Mais aussi les astuces que j’avais listées pour préparer au mieux ce retour.

7 réflexions sur « Le retour précoce à la maison »

  1. Petite information : le dépistage de surdité n’est pas obligatoire et n’est pas fiable. Si le test n’est pas positif, il peut rompre le lien mère /bébé . On peut le faire 3 mois après, il n’y a aucune urgence vitale.

  2. En effet, le test auditif n’est pas obligatoire mais il doit être proposé pour tous les nouveaux-nés. C’est pourquoi nous sommes organisées à pham (et dans les autres maisons de naissance) pour que les parents puissent faire ce dépistage de la surdité à leur bébé s’ils le souhaitent. Il n’y a pas de delai pour le faire mais il est plus facile à réaliser le 1er mois.

  3. Effectivement, lorsque toutes les conditions sont réunies, voir même que ça facilite la vie de tous les membres de la famille dès les premiers instants de la vie du bébé c’est très précieux d’avoir cette possibilité. Merci pour ce témoignage !

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