Accoucher en Maison de Naissance en France

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Le rôle des hormones

Que se passe-t-il lors d’un accouchement naturel ? La question n’est pas de savoir si on veut une péridurale ou pas, si on veut être assistée médicalement ou pas… Mais de comprendre ce que sait faire instinctivement le corps féminin et comment favoriser une naissance heureuse. Et pour cela nous allons nous intéresser aux rôle des hormones.

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Les hormones

Les hormones sont des substances chimiques qui jouent un rôle essentiel dans notre organisme. Elles sont sécrétées au niveau de notre cerveau, et régulent notre état en envoyant des messages à notre organisme.

Pendant un accouchement, sécréter des hormones en abondance est naturel, nous avons cela en commun avec les autres mammifères. C’est en fait un véritable cocktail d’hormones qui est libéré au moment de la naissance, à condition que la femme se sente en totale sécurité ; c’est ce qui va lui permettre de gérer la douleur et de s’abandonner complètement pour laisser faire son corps.

Lors d’un accouchement physiologique, c’est-à-dire sans aide médicale, la partie du cerveau qui raisonne, qui analyse et qui pense, soit le néocortex, doit se « déconnecter ». C’est le cerveau primitif, ou reptilien, qui doit prendre le relais. C’est celui qui permet la sécrétion des hormones, qui gère les réflexes vitaux et naturels, c’est donc celui qui sait accoucher ! On pourrait établir un parallèle avec un animal sauvage, qui sait se mettre à l’abri pour mettre bas, et qui peut suspcendre son accouchement si un prédateur surgit.

Les hormones ont donc un rôle essentiel à jouer lors de l’arrivée au monde d’un bébé. Grâce à elles, un maternage proximal de qualité peut s’établir, car elles permettent de créer les premiers liens d’attachement parent-bébé et favorisent une bonne lactation.

La physio’

L’accouchement est un processus naturel, physiologique, et normal. C’est aussi, pour certaines femmes, un rite de passage qui permet de libérer toute la puissance qui donne naissance à son enfant. Pour que l’accouchement se déroule de la meilleure façon possible, il faut respecter quelques conditions simples: Un environnement calme et sécurisant, la pénombre, le chuchotement, la chaleur, l’intimité. Tout cela aide la femme ou le couple à être « dans sa bulle ». Même si l’enfantement est naturel et instinctif, la femme enceinte ou le couple doit se préparer à vivre cela, afin de gérer au mieux la douleur. Et cela reste un processus surveillé, au minimum par une sage-femme.

Une fois ces conditions d’intimité mises en place, la façon d’accompagner la femme en travail est primordiale, car cela va l’aider à rester dans sa bulle et donc à sécréter ses hormones en bonne quantité. Cela peut être le soutien de l’autre futur parent, d’une sage-femme ou encore d’une doula. Cela passe aussi par l’écoute et l’amour pour l’accompagner dans ce passage, ou des propositions de mouvements, de positions, de la relaxation ou de la respiration, des phrases positives ou encourageantes, des massages, de l’acupression, de l’immersion dans l’eau, des exercices de sophrologie ou d’auto-hypnose.

Cela peut aussi être un rappel de se connecter avec son instinct, et avec son bébé, tout au long de l’accouchement, quelle que soit la façon dont cela se passe. Résister à la douleur rend difficile l’accouchement ; traverser les contractions et se laisser guider par la douleur, c’est accepter ce qui va se passer, et c’est favoriser un accouchement naturel. Le lâcher-prise et la visualisation de ce qui va se passer favorisent également la naissance physiologique et engourdissent la douleur. Se laisser traverser par chaque contraction en restant connectée à son bébé et à l’idée qu’il sera bientôt dans ses bras : cela se prépare pendant la grossesse.

L’ocytocine

C’est l’une des plus importantes hormones de la naissance ; on la surnomme aussi « hormone de l’amour ». Son taux n’est jamais aussi élevé que lors d’un accouchement. L’ocytocine a un effet anxiolytique : elle apaise et soulage la douleur. Elle a la propriété de s’auto-alimenter : plus il y en a, plus on en produit.

Pendant la naissance

L’ocytocine est un accélérateur de l’accouchement, dans le sens où elle stimule les contractions, et pousse le col à s’ouvrir. Elle rend le travail efficace. C’est aussi elle, avec les endorphines, qui va faire que la femme va réussir à entrer dans sa bulle et à lâcher prise. A condition qu’elle se sente libre et en totale sécurité.

Le pic de production d’ocytocine arrive juste après l’accouchement, pour permettre la délivrance du placenta.

Son rôle dans l’attachement

L’ocytocine est l’hormone de l’amour : si l’enfantement a été physiologique, le bain d’ocytocine va faire que la maman (et l’autre parent s’il est dans cette bulle aussi) tombera en amour en voyant son bébé.

La succion lors des premières tétées du bébé va encore générer la sécrétion d’ocytocine, ce qui aidera l’allaitement (liens d’attachement, production de prolactine).

Les autres hormones

Les endorphines :

Ce sont des opiacés naturels, les alliées de l’accouchement physiologique. Elles sont produites lors d’un gros effort physique, surtout si l’on a chaud, que l’on se sent aimé ou soutenu, et surtout si l’on n’a pas peur. Elles sont produites tout au long de l’accouchement, apportent un sentiment de satisfaction, une sensation de somnolence, voire d’euphorie, et amortissent la douleur. Ce sont elles qui déconnectent le néocortex.

L’adrénaline :

Elle est sécrétée en cas de danger, afin de faire accélérer le rythme cardiaque et nous rendre plus forts et plus rapides, pour nous permettre de combattre ou de fuir (pensez à l’animal sauvage du début !). Quand elle est produite pendant le travail, la femme sort de sa bulle protectrice, et alors la douleur devient plus forte, parfois ingérable. L’adrénaline est donc un frein à l’accouchement et peut même en provoquer l’arrêt temporaire, car elle peut suspendre les contractions. C’est ce qui explique que de nombreuses femmes ont un arrêt des contractions en arrivant à l’hôpital : la bulle créée grâce à l’ocytocine explose à cause du stress ambiant, des lumières vives, des voix fortes, des stimulations et sollicitations médicales, qui la font se reconnecter avec son néocortex… L’adrénaline se transmet ; le couple doit faire attention aux personnes présentes à leurs côtés lors de la naissance, voire dès la grossesse !

En revanche, il y a une décharge « normale » d’adrénaline juste avant la naissance, ce qui permet à la mère d’être pleine d’énergie et alerte pour l’arrivée de son bébé.

La prostaglandine :

C’est une hormone importante dans le travail qui est surtout produite lors du 3ème trimestre et lors de l’accouchement. Elle favorise la maturation et le ramollissement du col. La prostaglandine est également présente dans le sperme, c’est pourquoi on entend souvent que faire l’amour déclenche l’accouchement.

Le cortisol :

Il est sécrété par le bébé, qui peut être stressé quand le placenta devient un peu moins efficace en fin de grossesse ; cela va agir sur les contractions, et va stimuler l’ocytocine de la mère.

Ce n’est pas un stress négatif pour le bébé, mais quelque chose de vital, qui va le préparer à vivre dans le milieu aérien. Cela va transformer sa respiration et sa circulation sanguine.

La prolactine :

C’est l’hormone de l’allaitement. C’est l’ocytocine qui stimule sa production. Le contact en peau à peau, recommandé dès la naissance, augmente la production d’ocytocine et donc de prolactine. Il est donc recommandé, dans les premières heures et les premiers jours avec son bébé, de garder les mêmes conditions que lors de la naissance afin que l’ocytocine puisse se libérer à profusion : des lumières tamisées, un environnement calme, chaud et douillet, peu de sollicitations.

Conclusion

Et voilà ce qu’il se passe dans votre corps lors d’un accouchement physiologique ! Il existe aussi des hormones de synthèse, qui peuvent être administrées lors de l’accouchement. Elles agissent sur le déroulement de l’accouchement, mais ne permettent pas à la femme et à son bébé de profiter des bienfaits du cocktail d’hormones naturelles : par exemple, l’ocytocine de synthèse n’agit pas sur l’allaitement et les premiers liens d’amour avec son bébé.

Chaque intervention médicale ou stimulation intempestive modifie la production de ces hormones, et entraîne le risque d’un accouchement non physiologique. Il est donc vraiment important de préserver cette bulle protectrice autour de la femme qui accouche. Notez aussi qu’en prenant une doula vous réduisez de 60% les chances de demander la péridurale.

Sources:  Marshall H. Klaus, John H. Kennell, Phyllis H. Klaus, « The Doula Book: How A Trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier, and Healthier Birth ». Perseus Press, 2002, Chapitre V

Lucie Morlot, accompagnante à la naissance et consultante en parentalité créative.

Une doula, ou accompagnante à la naissance, est une personne qui soutient et accompagne une femme enceinte et son entourage ; elle apporte une écoute attentive et non jugeante, un soutien moral et émotionnel, quels que soient leurs choix. La doula accompagne une femme ou un couple pour préparer au mieux l’accouchement, réfléchir à leur projet de naissance ; elle leur transmet des informations éclairées autour de la grossesse et de la naissance. Elle peut être présente pendant la grossesse, lors de la naissance, et pendant les premières semaines avec leur bébé.​
Il s’agit d’un accompagnement non-médical et non-thérapeutique. Il ne remplace en aucun cas le suivi médical obligatoire pendant votre grossesse, la naissance, et la période postnatale.

Le Nid – S’élever Ensemble
 Tél 06.72.16.82.80

www.LeNid-SEleverEnsemble.fr

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