Accoucher en Maison de Naissance en France

Informations & Témoignages autour de l'expérimentation des accouchements en Maisons de Naissances en France.

Deux suivis à Manala: Le témoignage de Jeanne

La maison de naissance : une évidence !

C’est Jeanne, maman engagée pour les maisons de naissance, qui a donné naissance à ses 2 filles à Manala qui nous raconte son expérience.

manala

Lorsque nous avons commencé à envisager la parentalité avec mon mari, je dois avouer que nous ne nous sommes pas posé 15 000 questions. Il était évident que nous souhaitions un accompagnement global dans le respect de notre enfant à venir et un accouchement à notre manière : simple et évolutif.

Un accouchement à la maison ? Non, vraiment sans façon ! Trop de craintes et, chose bête, à l’époque nous vivions en appartement et je ne voulais pas faire peur à mes voisins. Oui je sais, des fois les craintes sont ridicules…

Un accouchement à l’hôpital ? Encore une fois sans façon ! Je ne suis pas à courir chez le médecin et j’ai beaucoup de mal avec les protocoles, alors double peine no way… « Oui mais tu sais aujourd’hui ils sont de plus en plus à l’écoute… blablabla et puis il faut vivre avec son temps… blablabla…»

En fait, la maison de naissance Manala était une évidence pour nous ! Un entre-deux où je pouvais bénéficier d’un suivi global tout en ayant mes repères comme à la maison.

Très rapidement nous avons su que nous attendions Anna, notre première fille. La rencontre avec les trois sages-femmes qui nous ont suivis tout au long de cette première grossesse a confirmé notre choix ! Pas de doute : nous souhaitions accoucher à Manala. Oui, je dis nous parce que mon homme aussi voulait accoucher là-bas.

Je passe bien sûr sous silence toutes les remarques dont nous avons pu bénéficier de la part nos familles ou amis. En réalité, ils avaient surtout peur par manque de connaissances des lieux et de l’équipe.

Accoucher à Manala était une évidence mais pas une fin en soi. Dès le début, j’ai été claire avec mon mari et les sages-femmes. C’était ma volonté, mais si jamais je devais ne plus réussir à gérer la douleur ou si pour toutes autres raisons médicales je devais être transférée, c’était d’accord pour moi. Et heureusement, car pour cette première grossesse à rallonge, ça a été le cas.

J’ai bénéficié d’un double suivi pour Anna :

Le suivi mensuel par les sages-femmes durant lequel je pouvais poser toutes mes questions et où toutes les craintes potentielles étaient évoquées. Je pouvais parler sans filtre et j’obtenais toujours une réponse claire et bienveillante.

Et un suivi pour les échographies via le gynécologue de l’hôpital. Hum hum… tout de suite c’était moins drôle… Des termes médicaux qu’on ne comprend pas forcément du premier coup, des cases dans lesquelles il faut rentrer sous peine de menaces de ne plus accoucher à Manala… Bref, chaque rendez-vous était un peu redouté.

Dépassement de terme.

Manala, c’est vraiment notre deuxième maison ! Bébé étant bien au chaud, nous avons eu le temps de bien repérer les lieux et de bien apprendre à connaître les sages-femmes. Sauf que voilà : on s’approche de la date de terme et rien ! Calme plat… Pourtant le gynéco était persuadé qu’elle arriverait un mois avant !!!

Du coup, on augmente le suivi à Manala. Les sages-femmes sont très rassurantes et me disent qu’elle arrivera avant et forcément au bon moment.

Mais on me parle quand même du potentiel déclenchement à l’hôpital. Gloups… J’avais envisagé le transfert mais pas le déclenchement, moi.

Du coup, gros stress qui se met en place ! Heureusement, grâce à la bienveillance de notre sage-femme, nous tentons le tout pour le tout et après une énième visite de contrôle nous retournons vers 16h à Manala car cette fois-ci, ça y est, le travail est vraiment commencé.

Le travail fut long… très long !!! et a fini par stagner au point que j’ai dû être transférée pour pouvoir reprendre des forces, accepter la péri pour soulager mes reins et attendre encore…

Notre sage-femme a fait le transfert d’informations avec l’équipe de l’hôpital et les deux personnes qui ont pris le relai sont restées très bienveillantes et discrètes. Elles m’ont accompagnée durant la pose de la péri, front contre front, un vrai bel échange d’énergie. Elles m’avoueront d’ailleurs que l’anesthésiste m’a loupé trois fois…

Comme le travail stagnait encore, que le liquide était teinté et que j’arrivais au bout du temps max, elles m’ont proposé une séance d’acupuncture pour accélérer les contractions. Une demi-heure après, la poche des eaux se rompait.

J’ai dû pousser 5 ou 6 fois. Elles me laissaient le temps de reprendre mon souffle et même de me tromper : « heu je me suis trompée là, on peut recommencer ? »

Et voilà, après presque 12h de travail à Manala et 3h30 à l’hôpital, Anna nous a rejoints. Nous sommes finalement restés trois jours à l’hôpital avant de rentrer et de bénéficier du suivi à domicile de notre sage-femme habituelle.

Le suivi global dont j’ai bénéficié m’a donné envie de m’engager dans l’association des parents. Bah oui, les maisons de naissance, ce n’est pas qu’un accouchement, c’est aussi beaucoup de rencontres et d’évènements organisés par des parents.

Et forcément, lorsque Lisa s’est invitée dans mon ventre, hors de question de suivre un autre parcours que le premier.

Aucune amertume à l’égard de mon transfert. Du coup, pareil : si je devais être transférée je l’accepterais.

Le début de grossesse a été plutôt stressant, mais les sages-femmes ont toujours su trouver les mots justes pour nous accompagner dans cette situation. Et une fois rassurés sur l’état de santé de Lisa, nous avons pu vivre notre grossesse avec bonheur. Le suivi a été très simplifié à ma demande. Je sentais qu’après ce début un peu difficile il fallait que je laisse du temps à Lisa et qu’on ne vienne pas l’embêter avec plein de contrôles ou de visites.

J’ai profité de ma grossesse comme le permet une grossesse d’enfants rapprochés (19 mois d’écart).

J’ai redécouvert avec plaisir et enchantement les cours de préparation à l’accouchement. J’ai fait confiance à ma fille et j’ai beaucoup plus écouté mes intuitions. Enfin…

Le jour de mon accouchement, tout le monde me disait que c’était le jour J, mais moi je ne ressentais rien et ne voyais rien se profiler… comme quoi on ne le sent pas toujours…

D’ailleurs, heureusement que ma sage-femme a insisté pour que je monte dans la voiture, sinon j’aurais très bien pu accoucher chez moi…

Le temps de déposer la grande chez le papi et de faire la route… trois énormes contractions dans le couloir, une dans l’ascenseur, oh tiens un répit, heu… « ça pousse !!!!! » « oh j’ai sa tête dans mes mains!!! » Eh oui, Lisa était tellement pressée de nous rencontrer que j’ai accouché debout dans le couloir !!!

Nous avons pu profiter de la rencontre quelques heures avant de reprendre la route au petit matin, croissant sous le bras pour le papi qui n’en revenait pas de la rapidité. Notre volonté était qu’Anna soit la première avant tout autre membre de la famille à rencontrer Lisa. « A moi ? » « Oui, c’est TA sœur ! »

Et voilà nos deux filles réunies pour le plus grand bonheur !

Deux accouchements totalement différents mais un suivi et une bienveillance égale. Nous ne prévoyons pas pour le moment d’avoir un troisième enfant, mais si jamais… Il va de soi que ça sera encore et toujours à la maison de naissance !

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