Accoucher en Maison de Naissance en France

Informations & Témoignages autour de l'expérimentation des accouchements en Maisons de Naissances en France.

Accouchement physiologique & Allaitement

accouchement physiologique et allaitement

Je m’appelle Pauline et je suis maman d’une petite fille, Emmy, de 19 mois. Dès le début, j’ai souhaité avoir une grossesse et un accouchement qui se fassent le plus naturellement possible. L’allaitement me paraissait la suite logique de ce cheminement. J’ai épluché beaucoup de pages de blogs et de livres durant ma grossesse afin d’avoir le maximum d’informations.

Le suivi de grossesse par notre sage-femme s’est très bien passé. Durant ces 9 mois j’ai fait du chant prénatal qui m’a été très bénéfique. Il se créé une ambiance assez hors du commun à chanter et faire des sons entre futures mamans.

Dans notre démarche d’accouchement physiologique, j’avais peur que mes envies ne soient pas forcément respectées dans l’effervescence de l’accouchement. J’ai lu qu’il était possible d’écrire un projet de naissance : nos souhaits et envies ont ainsi pu être partagés avec notre sage-femme libérale puis à la maternité dans laquelle j’allais accoucher.

Un des points du projet qui me tenait à cœur était que je ne voulais pas de péridurale. Nous avons quand même eu le rendez-vous obligatoire chez l’anesthésiste. Le rendez-vous s’est fait en quelques minutes, l’anesthésiste, très froid, ne demandant même pas si j’en souhaitais une ou non : pour lui c’était évident qu’il y en aurait une. Mon chéri et moi sommes sortis ahuris de ce rendez-vous. Mis à part cet événement, notre projet a été très bien accueilli et m’a permis d’être plus sereine.

L’accouchement

A quelques jours de la date du terme, mes premières contractions arrivent un soir vers 20h30. Nous décollons de chez nous vers 3h30 du matin après avoir essayé de me détendre sur le ballon en écoutant de la musique et en regardant un Disney. En arrivant à la maternité, je suis examinée, mon col est ouvert à 4 cm. Je continue le travail dans la chambre qui nous est attribuée, apparemment nous sommes nombreuses à accoucher ce soir-là. Un peu avant 8h00 nous appelons quelqu’un, l’envie de pousser est bien là ! 8h00 c’est l’horaire du changement de staff : l’équipe de jour remplace l’équipe de nuit. Dans le rush, nous sommes amenés dans une des salles d’accouchement. Nous voyons une première sage-femme qui me dit de patienter, elle retourne s’occuper d’un autre accouchement. Une autre arrive ensuite, elle propose de percer la poche des eaux. Je me dis, « Pourquoi est-ce qu’elle me propose ça ? Elle n’est pas au courant de notre projet de naissance ? ». Au final cette sage-femme se fait relayer par le staff de jour. Vers 8h30 la poche des eaux s’ouvre d’un coup, puis les poussées s’enchaînent. J’ai autour de moi la présence réconfortante de mon chéri et les encouragements de la sage-femme et de l’auxiliaire de puériculture. Pour autant, à un moment donné je dis que je n’y arriverai pas. Je suis fatiguée par la nuit blanche et par la douleur des contractions. Avec les encouragements et mes dernières forces notre bébé voit le jour pour la première fois à 8h50. Nous découvrons que c’est une fille ! Je l’ai directement en peau à peau avec moi. L’émotion de mon chéri se lit sur son visage, ma fille est dans mes bras : c’est un jour marqué à jamais dans mon esprit. Emmy restera en peau à peau avec moi le temps que ma petite déchirure soit recousue, que le placenta soit expulsé, et même sur le trajet jusqu’à notre chambre. Nous ne lui donnerons le bain que le lendemain et profitons pleinement de sa présence.

L’allaitement

Dans la salle d’accouchement, l’allaitement se met doucement en place dès le peau à peau. Ce premier contact est merveilleux et permet de sécréter une hormone magique : l’ocytocine. Activée par la tétée, l’ocytocine permet l’éjection de lait, m’aide à me détendre et favorise aussi l’attachement avec mon bébé : on l’appelle hormone de l’amour. Toujours dans la salle d’accouchement, l’auxiliaire de puériculture m’aide à bien placer ma fille au sein. Elle revient voir de temps en temps si elle est toujours bien placée en vérifiant que la succion se fait correctement. Le premier lait bien épais, le colostrum, va nourrir ma fille le premier jour puis va devenir un lait mature dès la montée de lait, qui s’est faite rapidement. Lors des tétées, une autre hormone magique est sécrétée : c’est la prolactine. Elle permet de produire du lait, favorise aussi le lien d’attachement et va avoir un effet apaisant. C’est elle qui me permet de me rendormir rapidement, et dans un sommeil profond, une fois la tétée donnée. Elle est bien utile les premiers mois avec les tétées à la demande durant la nuit.

Durant le séjour rapide à la maternité, ma fille dort quasiment toujours avec moi afin d’avoir le sein rapidement à disposition pour les tétées à sa demande.

La suite de l’allaitement

J’ai eu quelques crevasses au départ, mais je savais que cela pouvait arriver et ce qu’il fallait faire : changer de position à chaque tétée et veiller à ce que bébé soit dans une bonne position. À la maison, j’ai continué d’allaiter ma fille à la demande. Dans mes souvenirs (on oublie vite!), elle tétait en moyenne toutes les deux heures avec des pics sur certaines journées. La nuit, ma fille terminait souvent dans notre lit, même si le sien était à côté du nôtre, car je m’endormais quasiment tout de suite dès qu’elle tétait. Merci la prolactine !

A presque 3 mois et lors de ma reprise du travail, je tirais mon lait pour qu’elle continue de le boire aussi quand je n’étais pas là. La nounou avait donc mon lait tiré à réchauffer et à donner au biberon, comme n’importe quel lait. J’utilisais un tire-lait électrique le soir à la maison et le midi pendant ma pause déjeuner. Au travail, j’arrivais à avoir une pièce fermée et je prenais 15 minutes de mon temps de pause. C’était un petit rituel qui se faisait très bien ! Je prévoyais ma petite glacière pour conserver le lait que j’avais tiré. Le reste du temps je continuais de donner le sein. Progressivement avec la diversification, les tétées se sont plus espacées et se sont faites principalement au moment du coucher. A 18 mois, il y a encore ces quelques précieuses tétées/câlins avant de s’endormir.

Les tips

Les petites astuces pour un allaitement serein : des coquillages d’allaitement (c’est génial !) qui soulagent beaucoup, des coussinets d’allaitement en tissu à mettre par-dessus les coquillages pour les petites ou grosses fuites de lait et de la lanoline 100% naturelle que j’appliquais dès que j’avais des crevasses.

Mes mines d’or que je conseille à 200% :

  • LE livre à avoir absolument c’est le Manuel très illustré d’allaitement de Caroline Guillot aux Editions Fi! qui est très complet, très facile à lire avec de chouettes illustrations,
  • le site de la Leche League où l’on trouve TOUTES les informations concernant l’allaitement,
  • les copines allaitantes qui m’ont bien aidée notamment pour concilier allaitement et reprise du travail.

Je suis heureuse de partager mon vécu ici car je reste persuadée que c’est le partage qui fera avancer les choses. J’ai rencontré des personnes qui étaient peu ou mal renseignées sur l’allaitement et qui n’avaient donc pas toutes les billes en main pour faire leurs choix. Je pense qu’il y a encore beaucoup de travail pour informer et accompagner l’allaitement. J’espère que ce témoignage pourra aider à aller dans ce sens.

Merci à Debohra de m’avoir laissé la possibilité d’écrire pour ce site. Je suis heureuse d’avoir eu un accouchement physiologique, mais j’aurais rêvé pouvoir accoucher dans une maison de naissance. J’espère de tout cœur qu’il sera possible de le faire pour une future grossesse près de chez nous.

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